Les photos en ligne de nos enfants à leur insu

A quel point publier des photos de ses enfants sur Facebook est-il dangereux ?

La pratique est courante mais nécessite, régulièrement, une mise en garde sur les risques encourus. Avoir sa vie privée exhibée sur la place publique par ses parents peut être considéré comme dévalorisant pour un adolescent. Avoir sa vie privée exhibée sur la place publique par ses parents peut être considéré comme dévalorisant pour un adolescent. Fiers de montrer l’évolution de leur progéniture, des couples n’hésitent plus à partager des images de leurs enfants avec leurs amis sur les réseaux sociaux. Le premier passage sur le pot, la première dent de lait tombée, les premières vacances… autant de moments immortalisés dans des albums Facebook ou sur Instagram, qui apparaissent sur les fils d’actualité des amis et sont stockés dans les serveurs de multinationales.

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le phénomène est désigné par un néologisme : « sharenting », mot-valise qui associe sharing (partage) et parenting (parental). Il traduit cette obsession narcissique des parents de vouloir partager le quotidien de leurs enfants comme ils partagent le leur. Considéré comme un acte anodin, cet étalage n’est pourtant pas sans danger. Voici ce qu’il peut potentiellement advenir.

Votre enfant peut se retourner contre vous au nom du droit à l’image

Avoir sa vie privée exhibée sur la place publique par ses parents peut être considéré comme dévalorisant pour un adolescent qui le découvre une décennie plus tard.

Contactée par Le Monde, Justine Atlan, directrice de l’association e-Enfance, formule ainsi une mise en garde : « L’effet peut être assez violent pour un adolescent de voir des photos de lui enfant, dans le bain, dans son intimité ainsi partagée sur les réseaux sociaux. Quand on est adolescent, on est assez pudique et dans le contrôle de l’image. Se prendre en selfie douze fois par jour est un choix qui lui est propre. Mais lorsque les parents l’exposent, ils lui donnent une e-réputation, une existence médiatique qu’il n’a pas forcément envie de gérer. »

ll est trop tôt pour le dire, car la génération exposée à son insu n’est pas encore en âge d’intenter un procès, mais on pourrait bientôt être confrontés à une explosion de plaintes d’enfants contre leurs parents pour ce motif.

C’est ce qu’estime Eric Delcroix, un spécialiste des réseaux sociaux et de l’identité numérique interrogé par Le Monde :

« Certains enfants attaqueront leurs parents sur le Web dans une dizaine d’années. C’est certain. Là, il est trop tôt pour que cela arrive car les réseaux sociaux ne sont pas assez vieux. Les parents ont du mal à percevoir le côté négatif de leurs actes. »

En France, la loi est claire : l’article 226-1 du code pénal prévoit que toute personne ayant diffusé ou publié des images d’un tiers sans son consentement encourt une peine d’un an de prison ou une amende de 45 000 euros. Par ailleurs, l’article 9 du code civil garantit que « chacun a droit au respect de sa vie privée ».

Cet usage forcément narcissique des réseaux sociaux doit aussi inciter les parents à s’interroger sur leurs méthodes éducatives, pense Justine Atlan :

« Si on surexpose médiatiquement notre enfant dès son plus jeune âge, on se met en porte-à-faux vis-à-vis de l’apprentissage qu’on lui inculquera plus tard sur l’usage du numérique, qui est justement de ne pas se surexposer. »

Vos enfants deviennent la cible de possibles prédateurs

Un des risques souvent évoqués qui découleraient de cette pratique est la récupération des images à des fins pédopornographiques.

En 2015, le « Motherhood challenge » connaît son heure de gloire numérique. Sur Facebook, les mères sont mises au défi de partager les moments les plus beaux avec leurs bambins qui les rendent « fières d’être mamans » et de désigner ensuite d’autres amies pour qu’elles fassent de même.

En France, la viralité était telle que la gendarmerie nationale s’est sentie obligée de diffuser un message sur sa propre page Facebook pour rappeler que diffuser des images de ses enfants « n’est pas sans danger ».

« Préservez vos enfants ! […] certes, vous pouvez être toutes/tous fières ou fiers d’être une maman ou un papa de magnifiques bambins, mais attention ! Nous vous rappelons que poster des photos de ses enfants sur Facebook n’est pas sans danger ! Il est important de protéger la vie privée des mineurs et leur image sur les réseaux sociaux. Parfois, les bons moments méritent d’être “juste” partagés dans la vraie vie ! »

Dans les faits, et si votre compte Facebook n’est pas suffisamment protégé, vos amis et votre famille ne sont pas les seuls à avoir accès aux photos. Des prédateurs peuvent potentiellement accéder à une banque d’images d’enfants en bas âge.

« Les enfants risquent plus d’être victimes de pédophiles dans leur entourage direct que sur Internet », nuance cependant Jean-Marc Manach, journaliste spécialiste des questions de surveillance et de vie privée.

« Le nombre de violences sexuelles dues à l’exposition de soi sur le Net est infime, en comparaison du nombre d’agressions sexuelles (notamment dans les sphères intrafamiliales) auxquelles les jeunes peuvent être confrontés “IRL” (dans “leur vraie vie”, pour reprendre l’acronyme consacré) », explique-t-il en prenant appui sur les recherches de Danah Boyd, chercheuse en chef chez Microsoft Research, professeure associée à l’université de New York et spécialiste de l’usage que font les ados des réseaux sociaux.

L’image de vos enfants peut être utilisée à des fins publicitaires

C’est peut-être le risque le plus insidieux et le plus réel. Lorsque l’on se crée un profil Facebook, les données que nous transmettons deviennent la propriété de l’entreprise. Le réseau social peut légalement utiliser les photos à des fins publicitaires.

Vous autorisez donc Facebook à être rémunéré par une entreprise pour afficher votre nom ou vos photos sans qu’il ne vous verse aucun dédommagement. Ce qui peut-être un choix assumé lorsqu’ils s’agit de vos photos l’est moins lorsque ce sont celles de jeunes enfants. Par ailleurs, les clichés que vous postez peuvent être une mine d’informations pour les envois de publicités ciblées : lieu d’habitation, choix vestimentaires, lieu des vacances…

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) conseille de « tagger » (identifier) les images avec modération. La chercheuse Fatima Azziz, qui travaille sur la représentation numérique, décrit de son côté le comportement vigilant qu’il faudrait, en tant que parents, adopter :

« Partager les photos dans un cercle privé en changeant les paramètres de confidentialité, ne pas les “tagger” pour éviter une trop grande visibilité, ne pas accompagner les photos d’adresses et publier des photos lambda. »

Actes de revenge porn

Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné à une peine de 3 ans de prison dont un an avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve, l’homme qui s’était vengé de la séparation d’avec son ancienne partenaire en diffusant sur des sites pornographiques une vidéo prise à son insu pendant leurs rapports sexuels. Suite à une altercation, il avait tenté de la poignarder. Le prévenu a reconnu les faits, et a été condamné pour violence avec usage d’une arme et atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation ou transmission de l’image d’une personne. Depuis la loi pour une République numérique, la simple mise en ligne d’une vidéo à caractère pornographique représentant une personne filmée à son insu, même dans un lieu privé, est désormais passible de deux ans de prison. Un délit spécifique au revenge porn a été introduit dans le code pénal, suite à un arrêt de la Cour de cassation du 16 mars 2016 dans lequel cette dernière avait considéré qu’« en se déterminant ainsi, alors que n’est pas pénalement réprimé le fait de diffuser, sans son accord, l’image d’une personne réalisée dans un lieu privé avec son consentement, la cour d’appel a méconnu les textes susvisés .». Un article 226-2-1 a donc été ajouté au code pénal lequel prévoit que : « Lorsque les délits prévus aux articles 226-1 et 226-2 portent sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende. Est puni des mêmes peines le fait, en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même, à l’aide de l’un des actes prévus à l’article 226-1. ».

Lire la décision

Quand les adolescentes se mettent à nu

On estime que la cyberviolence touche environ 20% des jeunes scolarisés et les filles sont davantage victimes. C’est énorme. Il existe un guide réalisé à l’intention des enseignants pour savoir comment réagir face au cyberharcelement. Tout d’abord il faut en parler et surtout ne jamais fermer sa porte à un élève qui vient vers vous. Ensuite, il y a plein de possibilités pour faire effacer des vidéos sur le web. L’éducation nationale a noué un partenariat avec l’association e-enfance un numéro vert a ainsi été crée (le 0800 200 000) qui a pour responsabilité de faire accélérer les procédures de suppression d’information sur Internet quand cela concerne des élèves.

De plus en plus de jeunes filles enverraient à leur amoureux des selfies déshabillés. Au risque de voir ces images circuler sur les réseaux. Enquête sur un jeu qui peut virer au drame. Le 3 mars dernier, Juliette, 15 ans, s’est jetée sous un train à Lisieux, dans le Calvados. À l’origine de ce drame, une photo intime de l’adolescente qui avait surgi sur les téléphones portables de ses camarades de classe, provoquant insultes et humiliations. Effondrée, sa mère a porté plainte pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et s’est exprimée dans les médias, pour « […] que d’autres enfants ne fassent pas la même chose ». Si l’enquête, qui cherche à expliquer comment cette photo a pu circuler, est toujours en cours, la mère de Juliette, infirmière scolaire, veut comprendre. « Selon ce qu’on m’a rapporté, ma fille a eu un rapport sexuel à l’âge de 13 ans. C’est alors qu’un garçon l’aurait obligée à faire une photo d’elle nue, sans quoi il dirait à tout le monde qu’elle était une “grosse salope” », a-t-elle expliqué dans la presse locale. Deux ans après, le selfie serait réapparu sous forme de SMS, circulant de Smartphone en Smartphone.

Et si l’histoire de Juliette n’était pas un fait isolé ? Pour saisir l’ampleur du phénomène, il suffit d’interroger un groupe d’adolescents de 14-15 ans. Presque tous vous diront qu’ils ont entendu parler d’une histoire similaire, et certains, un peu gênés, évoqueront à demi-mot « cette fille » qui a dû quitter le collège après que des clichés d’elle dénudée ont circulé dans l’établissement. Si les drames sont rares, la diffusion de photos intimes le serait beaucoup moins. Solène*, élève de troisième dans un collège huppé de Bordeaux, assure même que « c’est hyper fréquent ». « Dans chaque classe, il y a des groupes Facebook où les garçons se passent les images des filles », explique-t-elle. Sur son téléphone, elle fait défiler une conversation privée entre élèves. Entre les messages innocents ponctués d’emoji, des selfies et des vidéos d’adolescentes nues se succèdent. La plupart laissent seulement voir la poitrine, d’autres vont plus loin. Les visages, eux, n’apparaissent jamais, maigre précaution pour garder l’anonymat.

INFLUENCE DES STARS COMME KIM KARDASHIAN ?

« J’ai même des amis qui ont une galerie de photos », ajoute Solène. Elle nous montre une appli sécurisée, où un de ses camarades a réuni une collection de clichés intimes de filles de son collège. Comme Solène, Sarah, 16 ans, a été témoin de ces comportements. Dans son collège d’Île-de-France, raconte-telle, « des filles de cinquième et de quatrième envoyaient leurs photos à des garçons qu’elles ne connaissaient même pas. Les mecs sont fiers de les montrer à leurs copains ». Le scénario est souvent le même : le selfie est d’abord envoyé sur Snapchat (une appli où les clichés disparaissent quelques secondes après leur publication), quelqu’un fait une capture d’écran, puis la photo est diffusée sur d’autres réseaux sociaux. Tout se passe sur des comptes et des conversations privés, à l’abri du regard des parents ou des professeurs.
Pression de l’entourage, volonté d’affirmer sa féminité, influence des stars comme Kim Kardashian ? Difficile d’expliquer ce qui pousse les ados à s’exposer ainsi. « À cet âge-là, si tu l’as pas fait, tu es limite has been. Les « bad boys » du collège, si tu ne leur montres pas tes seins, ils ne s’intéresseront pas à toi », croit savoir Solène. « Elles ont peur que leur mec rompe si elles n’envoient pas la photo », renchérit Sarah. Marie, élève en première dans un lycée où seule une minorité de personnes serait concernée, ajoute : « Elles se disent qu’elles pourront séduire un garçon comme ça. Il y a aussi l’influence des célébrités qui mettent des photos d’elles quasi nues sur Instagram. »

« IL Y A UNE OMERTA SUR CE SUJET »

Et les garçons dans tout ça ? Leurs clichés intimes existent aussi, mais sont moins visibles. « Ils assument totalement, mais leurs photos ne tournent jamais », remarque la lycéenne. Au-delà des déclarations des adolescents et des rumeurs, il est compliqué de mesurer la réalité. Aux États-Unis, une enquête réalisée en 2014 auprès de 964 lycéens texans a montré que 28 % d’entre eux avaient déjà envoyé une photo intime. En France, aucune étude ne permet à ce jour de quantifier ce phénomène. Caroline Janvre, sexologue, psychologue et membre du Crips, organisme chargé de prévenir les comportements à risque chez les jeunes, assure n’avoir jamais rencontré cette situation lors de ses interventions dans les collèges et les lycées. « Il y a beaucoup de fantasmes autour de la sexualité des adolescents, ils ne correspondent pas forcément à ce qu’on rencontre sur le terrain », explique-t-elle. Un chiffre semble lui donner raison. Selon un sondage Ipsos de 2014**, seuls 2 % des jeunes déclarent avoir vu leurs photos intimes exhibées contre leur gré. Circulez, il n’y a rien à voir ? Pas si sûr. Car la parole est difficile à libérer. « Il y a une omerta sur ce sujet », constate Marie-Pierre Badré, présidente du Centre Hubertine Auclert. Pour comprendre comment les ados utilisent les réseaux sociaux, le centre va mener une enquête dans une douzaine d’établissements d’Île-de-France. Les premiers résultats devraient être publiés dans quelques mois. « Nous ne voulons pas culpabiliser les filles sur leurs usages des réseaux sociaux. Cela relève de l’intime, il n’est pas question de les blâmer. Ce que nous dénonçons, ce sont les comportements irrespectueux et le harcèlement qu’elles subissent ensuite », précise Clémence Pajot, directrice du Centre Hubertine Auclert. Ce harcèlement s’apparente à du cybersexisme. « Sur les réseaux sociaux, les jeunes filles subissent toujours une double injonction : il faut être sexy pour être populaire et admirée. Mais, en même temps, en se comportant ainsi, elles deviennent responsables des insultes et des agressions sexuelles qu’elles reçoivent en retour », poursuit la chercheuse.

DANS LA RUE, DES INCONNUS L’INSULTAIENT

Anxiété, dépression, décrochage scolaire ou même suicide… Les conséquences du cybersexisme peuvent être dévastatrices. Comme Juliette, Léa*, 20 ans, a subi humiliations et rejet à la suite de la diffusion de photos dénudées. Il y a trois ans, elle s’est laissé séduire par un garçon sur Twitter. Lors de leur unique rencontre, il l’a photographiée contre son gré. « Je ne portais qu’un soutien-gorge et je lui ai demandé d’effacer les images. Il m’a assuré qu’il l’avait fait », se souvient-elle. Quand elle a refusé de le revoir, il a diffusé les clichés. « Ça a pris une ampleur monstre, il les publiait sur Twitter, Facebook, YouTube, avec mon nom, mon prénom, mon adresse. » Au lycée, où elle est en classe de terminale, les clichés ont circulé et ses amis lui ont tourné le dos. Dans la rue, des inconnus l’insultaient. « La principale adjointe a été informée. Elle a dit que j’étais responsable, à cause de la façon dont je m’habillais. Elle m’a demandé de me présenter devant elle tous les matins pour vérifier ma tenue. À partir de ce moment-là, j’ai arrêté d’aller au lycée. » Déscolarisée pendant deux ans, Léa a enchaîné les petits boulots avant de passer son bac en candidat libre l’an dernier.

« JE N’EN DORMAIS PAS LA NUIT »

Même quand les photos ne circulent pas, la souffrance est bien réelle. Alors qu’elle était en classe de troisième, Mégane*, aujourd’hui âgée de 18 ans, s’est entichée d’un camarade de classe. Le garçon, qu’elle décrit comme « populaire », lui a demandé de lui envoyer des selfies en sous-vêtements. Elle a refusé. Il a insisté. « Il disait qu’il révélerait nos conversations à tout le monde. Il a envoyé des photos de lui en sous-vêtements et, avec ma mentalité d’ado, j’ai fini par répondre la même chose… Au début, j’ai eu une montée d’adrénaline. Mais, très vite, je me suis sentie très mal », se souvient Mégane. Elle tombe ensuite dans un engrenage où le garçon la menace de diffuser les photos si elle n’en envoie pas de nouvelles. Un harcèlement de plusieurs mois qui n’a pris fin que lorsqu’elle a enfin osé en parler à ses parents. « Toute mon année de troisième, je n’en dormais pas la nuit et, deux ans après, je me demandais encore si les images n’allaient pas ressortir. Ça m’a traumatisée. » pour protéger les adolescentes, un collectif s’est constitué en janvier. Sur Twitter, la dizaine de militantes du groupe Féministes contre le cyberharcèlement traque les humiliations sexistes et les photos déplacées.

UNE RECONNAISSANCE LÉGALE DU CYBERHARCÈLEMENT À CARACTÈRE SEXUEL

Grâce à leur combat, elles ont remporté une victoire : un amendement contre le « revenge porn » a été ajouté au projet de loi « pour une République numérique ». Ce texte, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier, punit de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende « le fait de transmettre ou de diffuser sans le consentement exprès de la personne l’image ou la voix de celle-ci, dès lors qu’elle présente un caractère sexuel ». « Désormais, il y a une reconnaissance légale du cyberharcèlement à caractère sexuel, explique Ketsia, cofondatrice du collectif. Avant ce texte, il y avait un vide juridique. Quand les victimes voulaient porter plainte, la police prenait le problème à la légère. Dorénavant, les policiers et les magistrats seront informés. » Un premier recours pour que les adolescentes ne soient plus démunies.

Préparer sa mort numérique

Désigner un exécuteur testamentaire de sa vie numérique, programmer l’inactivation de ses comptes ou la suppression définitive de ses données stockées en ligne : si le concept de mort numérique reste nouveau, les possibilités de bien la préparer existent. Veille mortuaire avec le New York Times.

Nos vies numériques, ces innombrables « nouvelles versions de nous-mêmes », nous survivront, rappelle de manière salutaire, quoique potentiellement désagréable à l’esprit, le New York Times. À notre mort, selon le journal, deux questions se posent principalement sur la continuation de nos vies numériques : que vont devenir nos comptes personnels ? Et que va-t-il advenir de nos données stockées en ligne ?

La planification de sa mort numérique est un concept relativement récent, en témoigne en France une jurisprudence encore évolutive. Le sujet est adressé par certaines plateformes en ligne de manière plus ou moins sophistiquée : LinkedIn, Snapchat ou Tumblr laissent ainsi possible la suppression du compte à la requête d’un proche, parfois sous condition, comme chez Twitter, de pouvoir fournir un certificat de décès.

Dans d’autres cas, il est possible de désigner dès aujourd’hui une sorte d’exécuteur testamentaire. Facebook permet par exemple à ce legacy contact, ou contact légataire, d’écrire un post qui restera épinglé sur le profil de la personne décédée, de changer sa photo de profil voire de répondre aux demandes de contact. Les messages privés, contrairement à ce que proposent certains services de messagerie, restent hors de son accès.

La suppression de l’ensemble de l’archive de ses données est possible sur certaines plateformes, de même que prévoir l’inactivation de son compte, en définissant par exemple une période d’inactivité spécifique à la fin de laquelle le compte se désactive automatiquement.

Les données sauvegardées sur des services de cloud ou de back-up représentent une ultime difficulté pour qui veut planifier sa mort numérique : si certains services ont prévu un protocole, les impératifs de privacy rendent paradoxalement difficiles la protection de sa vie privée post-mortem. Certains services n’ont tout simplement pas accès à certaines données cryptées : mieux vaut en ce cas avoir donné les clés de son jardin secret à un proche de confiance.

L’article du New York Times, c’est par .

 

Babylone2, la vengeance des filles

« T’as entendu parler de ce groupe sur Facebook ? Ce sont des mecs qui postent des photos des filles avec qui ils couchent. Sans leur dire ! » C’est le type d’échange qu’ont eu de nombreuses femmes ces derniers jours, et notamment en Belgique. L’existence de ce groupe abject, baptisé « Babylone 2.0 », a été révélé par Chrystelle Charlier, une blogueuse belge, sur son site  « 2 girls 1 mag ». C’est une jeune femme ajoutée par erreur dans le groupe qui lui a envoyé des captures d’écran. La petite bonne nouvelle, c’est que ce groupe qui comptait plus de 50 000 membres a depuis été fermé. Et que 1 400 internautes sont depuis entrées en résistance. Des filles qui souhaitent jouer un rôle actif sur les réseaux sociaux et mettre fin à ces pratiques hallucinantes et punies par la loi. Elles ont pour cela créé elles aussi un groupe fermé, au titre bien senti,  « Babylone 2.0 : la revanche des filles », qui a pour objectif de jouer un rôle de vigie. L’idée ? Recenser tous les comptes Facebook ou Instagram qui partagent des photos de filles nues à leur insu. Ainsi, ces comptes seront signalés et les jeunes femmes averties qu’elles sont victimes de ce qu’on appelle du cyberharcèlement.

UNE PÉTITION POUR INTERPELLER

« Certaines administratrices partagent des screenshots des membres de ces groupes et préviennent (dans la mesure du possible) les personnes dont les photos ont été partagées », a ainsi expliqué l’une de ces « résistantes » à  « L’Express ». Une pétition a été lancée sur  Change.org demandant à au Premier ministre belge Charles Michel et à François Hollande de s’engager concrètement sur le sujet. C’est également à chacun(e) d’être vigilant(e) et de signaler tout cliché ou groupe du même type quand il y a accès. Car pour les filles dont les photos sont mises en ligne, le choc est énorme. « J’étais complètement sous le choc. J’avais un peu honte. Je crains qu’un jour ça se sache, que toutes les photos qui sont sur ce groupe soient à la vue de tous », a ainsi témoigné  Kiera, 19 ans, sur  « Europe 1 ». La jeune fille a depuis porté plainte.

Zoom : le trolling

Le phénomène des trolls en une du Time, ou comment la haine pourrit Internet

Sur la une du magazine Time du 29 août 2016, un petit monstre avec un ordinateur sur les genoux. Ce dessin de troll illustre un long article de Joël Stein sur le phénomène du trolling. Cette démarche qui consiste à poursuivre des internautes de sa haine, parfois jusque dans la « vraie vie ».
Le phénomène des trolls en une du Time, ou comment la haine pourrit Internet

« La personnalité d’Internet a changé. Il fut un temps où c’était un geek avec de grands idéaux sur la circulation libre de l’information. » Une époque révolue selon le Time qui n’y va pas avec le dos de la cuiller. Et Joel Stein, l’auteur de l’article fait la couverture du numéro du 29 aout du magazine sous le titre « Pourquoi nous sommes en train d’abandonner Internet à la culture de la haine ? »

DÉSHIBINITION EN LIGNE
L’enquête renvoie à ce que certains psychologues nomment l’effet de désinhibition en ligne, dopé par l’anonymat, l’invisibilité, l’absence d’autorité et la communication asynchrone sur le Web. Celui-là même qui a libéré des hordes de trolls, ces internautes qui pratiquent aussi bien de simples mauvaises farces sur la Toile que le harcèlement, les menaces violentes ou la publication d’informations privées.

DES VICTIMES QUI FUIENT LES RÉSEAUX SOCIAUX
L’article cite les nombreux cas de victimes de telles obsessions. Comme ce député de l’Etat de Washington qui a quitté Twitter et ses 35000 followers face à une pluie d’attaques antisémites, ou cet écrivain féministe qui a abandonné les medias sociaux suite à des menaces de viol sur sa fille de 5 ans… L’affaire la plus récente – encore d’actualité – est celle de la haine dirigée contre le film Ghostbuster au casting entièrement féminin. Inadmissible pour certains fans qui se sont déchainés en particulier contre l’actrice noire américaine, Leslie Jones. Son harceleur principal, le leader de la droite alternative américaine, avait enrôlé son armée de 300000 followers dans une campagne d’insultes et de menaces à son encontre, les invitant même à l’attaquer physiquement.

DES PERSONNALITÉS PERTURBEES QUI RETROUVENT UNE RAISON D’ÊTRE
Narcissisme, psychopathie, machiavélisme et surtout sadisme, tel serait les traits de personnalité généralement requis pour s’afficher comme troll. Le journaliste entame d’ailleurs son texte en évoquant ceux qui se revendiquent comme tels. Il s’attarde sur des personnalités dont la vie est dévastée et qui retrouvent une raison d’être dans le trolling, avec des millions de vues mensuels sur chacun de leurs tweets, par exemple.

OU TOUS DES TROLLS ?
Mais il développe aussi l’idée de la reproduction de comportements qui existent hors ligne, tel ceux des foules grégaires… Ainsi, Whitney Phillips, professeur de littérature, estime qu’il est erronné de faire un portrait des trolls comme des aberrations et des anthèses de personnes normales. « Il y a principalement des gens normaux qui font des choses qui semblent drôles sur le moment mais qui ont d’énormes implications. Vous avez envie de penser que c’est un problème de méchants, mais en fait c’est notre problème à tous. » D’une bataille très ciblée contre l’homosexualité, l’avortement, la drogue, les trolls sont d’ailleurs passés à une forme de guerre universelle contre certains films, certains livres, le physique, les vêtements, les jeux vidéo…

UN COMBAT DEVENU POLITIQUE
Pour Joel Stein, le trolling est devenu un combat politique. Ses adeptes revendiquent le droit de dire et faire des choses politiquement incorrectes. « Les trolls sont les seuls à dire la vérité », affirme même un de ses interlocuteurs de la droite alternative, l’alt-right. Ce mode de fonctionnement en ligne fait le bonheur des tenants de ce mouvement qui ne se satisfait plus des conservateurs. Selon l’auteur, il s’agit de leur version de l’activisme politique, dirigé en particulier contre les conservateurs anti-Trump.

UNE AUTO-CENSURE CROISSANTE
Les conséquences du phénomène sont lourdes. Le trolling entraine, selon le Time, une auto-censure de plus en plus importante de ceux qui s’expriment en ligne. L’auteur cite un sondage réalisé anonymement auprès de la rédaction du Time. 80% des journalistes évitent spontanément certains sujets en ligne, et la moitié des femmes de la rédaction ont envisagé de quitter le métier face au harcèlement en ligne !

SNAPCHAT ET INSTAGRAM PEU CONCERNÉS
L’article est illustré par une sorte échelle de la haine dans les medias sociaux. Si Snapchat, trop volatile, échappe au phénomène, tout comme Instagram, et même Facebook peu concernés, les trolls trouvent refuge dans 8chan ou 4chan, puis sur Reddit, où ils peuvent échanger leurs points de vue et des images, y compris s’ils sont bannis par la loi. Même Reddit a dû se résoudre à sévir face à des groupes d’incitation à la haine et même à la violence contre des personnes en surpoids, par exemple.

LES MEDIAS SOCIAUX DÉSARMÉS
La réplique est difficile. Les medias sociaux répugnent à aller contre le 1er amendement américain qui garantit la libre parole. Même si le troll de Leslie Jones, par exemple, a été banni de Twitter. Les medias sociaux, dépassés par le phénomène, peinent à définir les limites à partir desquelles il est possible de parler de harcèlement, et non plus de plaisanterie ou de simple conversation.

DU BRUIT, MAIS PAS DE FUREUR ?
Enfin, l’auteur termine son article par un long portrait de SON troll. Une femme qui a fini par accepter de le rencontrer, à sa grande surprise. Et qui lui a fourni la conclusion de son article. Quand le journaliste du Time lui a demandé pourquoi elle ne l’avait pas abordé directement pour lui dire ce qu’elle pensait de lui, elle a répondu sans hésiter : « Pourquoi aurais-je fait cela ? Internet est le royaume des lâches. Ce sont des gens qui ne sont que de bruit, et pas de fureur. » Et Joel Stein de partager une dernière interrogation : « Certes. Mais peut-être qu’à l’âge de l’information, le bruit est aussi destructeur que la fureur. »

Repensons la vie privée

« Les citoyens ne doivent plus perdre leur droit à la vie privée parce que leurs données traversent les frontières »

Le 6 octobre dernier, un arrêt de la Cour Européenne de Justice invalidait les principes du Safe Harbor (« sphère de sécurité »), un dispositif légal dont la vocation était de garantir la protection de données personnelles lors de transferts internationaux. Un acte symbolique fort pour Brad Smith, président et Chief Legal Officer de Microsoft, qui impose de repenser les principes d’un nouveau cadre légal à la notion de vie privée. RSLN vous propose la synthèse de cette réflexion.

Depuis plus de quinze ans, plus de 4 000 entreprises se réfèrent au Safe Harbor pour faire traverser l’Atlantique aux données et, ainsi servir les consommateurs sur les deux continents. Son invalidation, au mois d’octobre, a finalement achevé d’attester ce que beaucoup défendaient depuis longtemps selon Brad Smith :

« Ces dernières années, il est devenu évident que ce nouveau siècle requiert un nouveau cadre légal de la vie privée. L’heure est venue de le construire. »

Différents principes doivent guider l’avènement de ce nouveau texte fondateur.

Le droit à la vie privée est un droit de l’homme universel

Reconnu comme tel en 1950 par le Conseil Européen ainsi que par la Constitution Américaine en 1751, ce droit fondamental mérite de nouvelles protections à l’heure où les données d’un simple smartphone contiennent une quantité d’informations privées telle qu’elle n’a aucune commune mesure avec ce que l’on a un jour pu trouver en fouillant les effets personnels d’une personne.

Autre paramètre : ces informations particulièrement sensibles sont répliquées dans le cloud, c’est-à-dire dans des data-centers dispersés dans le monde entier. Cette transformation explique pourquoi le secteur de la tech s’intéresse particulièrement aux notions de privacy : aujourd’hui, les droits peuvent varier à chaque fois qu’une data passe d’un lieu à un autre.

Une situation impossible et contraire aux droits fondamentaux, selon Brad Smith :

« Les individus ne devraient pas perdre leurs droits fondamentaux simplement parce que leurs informations personnelles traversent une frontière, surtout quand ces données sont déplacées par des entreprises et des gouvernements. »

Il faut un Internet global d’un point de vue juridique

Les révélations d’Edward Snowden ont accéléré une prise de conscience : une fois les données parvenues sur le sol américain, des organisations gouvernementales ont pu accéder à toutes les données européennes sans qu’aucune nation de l’Union ne puisse contester cette violation du droit à la vie privée.

Cette situation ne peut plus se reproduire, selon Brad Smith, qui souhaite que les politiques européennes construisent un cadre légal qui respecte ce droit fondamental des deux côtés de l’Atlantique tout en permettant aux données de traverser les frontières. Car comment effectuer une réservation de voyage en ligne sur le site d’une compagnie étrangère si ce n’est pas le cas ?

Résoudre le « Rubik’s Cube » de la Privacy

Ce nouveau cadre légal que Brad Smith appelle de ses vœux est, il le concède, aussi compliqué à établir que ne l’est la résolution d’un rubik’s cube. Mais semble évident à tous lorsque le problème est résolu.

Pour y arriver, Brad Smith avance plusieurs propositions. Il demande par exemple que les droits attachés aux personnes puissent suivre la circulation de leurs données de part et d’autre de l’Atlantique. Concrètement, si le gouvernement américain souhaite accéder à des informations personnelles d’un Européen stockées aux Etats-Unis, il faudrait que cela se fasse dans un cadre conforme avec la loi européenne. Et vice-versa.

« Cette approche requiert que les gouvernements se saisissent des anciennes lois et processus juridiques pour enfin les moderniser », conclut Brad Smith.

Harcèlement, réagir !

Selon un rapport européen, près de 10 % de la population européenne a subi ou subira un harcèlement*. Voici quelques conseils si vous êtes victime de ces violences sur internet et les médias sociaux.

Qui sont les cyber-harceleurs ?
Un(e) internaute peut être harcelé(e) pour son appartenance à une religion, sa couleur de peau, ses opinions politiques, son comportement, ses choix de vie… Le harceleur peut revêtir l’aspect d’un « troll » (inconnu, anonyme) mais également faire partie de l’entourage de la victime (simple connaissance, ex-conjoint, camarade de classe, collègue, voisin, famille…).

A quoi ressemble une situation de cyber-harcèlement ?
Happy slapping : lynchage en groupe puis publication de la vidéo sur un site, propagation de rumeurs par téléphone, sur internet, création d’un groupe, d’une page ou d’un faux profil à l’encontre de la personne, publication de photographies sexuellement explicites ou humiliante, messages menaçants, insulte via messagerie privée, commande de biens/services pour la victime en utilisant ses données personnelles…

Comment réagir ?
Ne surtout pas répondre ni se venger. Vous avez la possibilité de bloquer l’accès de cette personne à vos publications, de la signaler auprès de la communauté ou d’alerter le réseau social sur un comportement qui contrevient à sa charte d’utilisation.
Verrouiller aussi l’ensemble de vos comptes sociaux 
Il est très important de limiter au maximum l’audience de vos comptes sociaux. Des options de confidentialité existent pour « ne plus me trouver », « ne pas afficher/partager ma liste d’amis ». Il est également possible de « bannir » les amis indésirables. Sur Facebook, une option vous permet d’être avertis si un autre utilisateur mentionne votre nom sur une photo (tag).
Les paramêtrages conseillés sur Facebook :
Limiter la visibilité de vos photos : Ce type d’option ne fonctionne que photo par photo.

Limiter la visibilité de vos informations de profil : 
– Informations générales : page du profil > encart gauche > sélectionner « amis » ou « moi uniquement »
– Cacher votre liste d’amis :
Page du profil > onglet « amis » > « gérer section » > « modifier la confidentialité » > « liste d’amis » ou « moi uniquement »

– Cacher vos mentions « j’aime » :
Page du profil > Mentions j’aime (encart gauche) > « modifier la confidentialité » > « moi uniquement »
– Être prévenu si quelqu’un vous « tague » :
Paramètre > journal et identification > Paramètres d’identification et de journal> « examiner les identifications »
– Limiter la visibilité de vos publications :
Journal > sélectionner la publication > « moi uniquement » / ou « supprimer »
– Examiner votre historique :
Page du profil > « afficher l’historique personnel » > supprimer au cas par cas

– Capture écran des propos / propos tenus :
Ces preuves servent à justifier votre identité, l’identité de l’agresseur, la nature du cyber-harcèlement, la récurrence des messages, les éventuels complices. Sachez qu’il est possible de faire appel à un huissier pour réaliser ces captures.

– Fiche pratique : comment réaliser une copie d’écran ?
Portez plainte auprès de la Gendarmerie/Police si le harcèlement est très grave.
Vous avez la possibilité de porter plainte auprès du commissariat de Police, de Gendarmerie ou du procureur du tribunal de grande instance le plus proche de votre domicile.
En parler auprès d’une personne de confiance.
La violence des termes employés par l’escroc et le risque d’exposition de votre vie privée peuvent être vécus comme un traumatisme. Il est conseillé d’en parler avec une personne de confiance.
Si quelqu’un d’autre est harcelé ?
Le fait de « partager » implique votre responsabilité devant la loi. Ne faites jamais suivre de photos, de vidéos ou de messages insultants y compris pour dénoncer l’auteur du harcèlement. Un simple acte de signalement ou un rôle de conseil auprès de la victime est bien plus efficace !
Le chiffre : 61% des victimes indiquent qu’elles n’ont reçu aucun soutien quel qu’il soit de la part d’organismes ou d’une personne de leur réseau personnel.
* Source: rapport européen sur le cyber-harcèlement (2013)
Si vous êtes victime et avez moins de 18 ans…

Composez le 3020 : du lundi au vendredi de 9h à 18h (sauf les jours fériés). Le numéro vert est géré par la plateforme nonauharcelement.education.gouv.fr qui propose de nombreuses ressources pour les victimes, témoins, parents et professionnels (écoles, collèges, lycées).
Si le harcèlement a lieu sur internet, vous pouvez également composer le 0800 200 000 ou vous rendre sur netecoute.fr. La plateforme propose une assistance gratuite, anonyme, confidentiel par courriel, téléphone, chat en ligne, Skype. Une fonction « être rappelé par un conseiller » est également disponible. La réponse en ligne est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Un dépôt de plainte est envisagé ? Renseignez vous sur le dépôt de plainte d’un mineur. Celui-ci doit se faire en présence d’un ou de plusieurs parents ou d’un représentant légal. N’hésitez pas à contacter les télé-conseillers du fil santé jeune au 0800 235 236.

Quelles sanctions encourues par l’auteur de ces violences en ligne ?

L’auteur de tels actes est susceptible de voir sa responsabilité engagée sur le fondement du Droit civil, du Droit de la presse ou du Code pénal.
Quelques exemples de sanctions :
Une injure ou une diffamation publique peut être punie d’une amende de 12.000€ (art. 32 de la Loi du 29 juillet 1881).
Pour le droit à l’image, la peine maximum encourue est d’un an de prison et de 45.000 € d’amende (art. 226-1, 226-2 du Code pénal).
L’usurpation d’identité peut être punie d’un an d’emprisonnement et de 15.000€ d’amende (art. 226-4-1 du Code pénal).

Quels sont les recours auprès de la CNIL ?

La qualification et la sanction de telles infractions relève de la seule compétence des juridictions judiciaires.
En parallèle de telles démarches, vous pouvez demander la suppression de ces informations à chaque site ou réseau social d’origine, en faisant valoir votre droit d’opposition, pour des motifs légitimes, sur le fondement de l’article 38 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée dite « Informatique et Liberté ». Le responsable du site dispose d’un délai légal de deux mois pour répondre à votre demande.
La majorité des sites propose un bouton « signaler un abus ou un contenu gênant ». Si aucun lien n’est proposé, contactez directement par courriel ou par courrier le responsable du site en suivant la procédure expliquée sur notre site. 

Par ailleurs, si ces informations apparaissent dans les résultats de recherche à la saisie de vos prénom et nom, vous avez la possibilité d’effectuer une demande de déréférencement auprès de Google en remplissant le formulaire.
En cas d’absence de réponse ou de refus, vous pourrez revenir vers la CNIL en joignant une copie de votre demande effectuée auprès du moteur de recherche incluant le numéro de requête Google.

Pour plus d’informations,
http://www.cnil.fr/documentation/fiches-pratiques/fiche/article/comment-reagir-en-cas-dharcelement-en-ligne/